Diversification menée par l’enfant (DME)
Type de patient : Nourrisson
Que penser de la diversification menée par l’enfant par rapport à notre classique diversification à base de purée et de compote ? De plus en plus de parents nous posent des questions à ce sujet.
La réponse CrossDoc
Tout d’abord, il est indispensable de ne proposer la diversification avec des morceaux qu’au moment opportun. Le PNNS est bien fait sur ce sujet et propose (cf référence) :
Pages 15 et 16 :
Quand peut-on débuter l’introduction des morceaux ?
• il sait maintenir sa tête et son dos droits dans sa chaise
• il avale les purées lisses et épaisses sans aucun problème
• il réalise des mouvements de mâchonnement quand il porte quelque chose à sa bouche
• il est capable de tenir un aliment dans sa main et de le porter à sa bouche (il cherche à se nourrir seul)
• il se montre intéressé par le repas (par exemple, il essaye de prendre des aliments dans l’assiette de ses proches).
Puis page 26 :
Comment faire découvrir et accepter des aliments ?
• présenter de nombreuses fois (8-10 fois) un aliment initialement refusé par l’enfant, en début de diversification
• faire découvrir une grande diversité d’aliments en début de diversification, en proposant quotidiennement des aliments différents ; introduire des textures non lisses à partir de 8 mois et pas après 10 mois en faisant varier les textures des aliments proposés et en adaptant la taille et la dureté des morceaux aux capacités de l’enfant. Il convient toutefois, en raison du risque d’étouffement, de ne pas proposer entiers des petits aliments de forme cylindrique ou sphérique qui résistent à l’écrasement, tels que les fruits à coque, l’arachide et les grains de raisin
• manger dans un contexte calme et chaleureux, sans distraction (telle que les écrans), dans lequel les parents ne forcent pas l’enfant à manger mais encouragent à goûter, par exemple en consommant eux-mêmes les aliments
• ne pas utiliser les aliments appréciés comme récompense ou réconfort : cela renforce l’attirance de l’enfant vers ces aliments souvent très sucrés
• augmenter la familiarité des nouveaux aliments, sans nécessairement les faire goûter par les enfants.
La DME a été diabolisée à tort pour des inquiétudes d’étouffement possible. Il suffit que les parents soient présents tout le temps de la DME (Brown A.). Morison BJ n’ont pas montré de grande différence en termes de facilité de diversification ultérieure (cf référence).
Donc si les parents veulent et qu’ils sont à coté, encourageons-les. Bien insister sur l’intérêt de voir, sentir puis toucher et mettre à la bouche les divers aliments, garant d’une bonne intégration neuro sensorielle.

Grade de preuve (EBM) : B
Niveau de recommandation : Fort
Références :
Pour le niveau de preuve et gradation des recommandations de bonne pratique, consulter les recommandations de la H.A.S.