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HMO (Human Milk Oligosaccharide)

Type de patient : Nourrisson

Quels sont les mécanismes physiologiques et l’impact des HMO sur les troubles fonctionnels digestifs ?

La réponse CrossDoc

Votre question est très vaste, je vais essayer d’y répondre simplement.

Les HMO sont le 3e composant du lait de mère, après le lactose et les lipides. Ils ne sont pratiquement pas digérés dans le grêle et arrivent donc intacts au niveau du côlon où ils stimulent de façon sélective la croissance des bactéries consommatrices de HMO, dont les bifidobactéries.

On dénombre plus de 200 HMO différents dans le lait de femme, dont surtout le 2′-Fucosyllactose (2’FL) qui représente 20 à 40 % de la concentration totale de HMO du colostrum. Du fait de difficultés techniques et de problème de coût, 8 HMO ont pu être reproduits de manière synthétique à ce jour et ajoutés dans les laits infantiles.

Les propriétés des HMO ont principalement été mises en évidence in vitro ou chez l’animal :

  • Stimulation de la multiplication des bifidobactéries du microbiote intestinal
  • Effets anti-microbiens (en entrant en compétition avec les récepteurs entérocytaires des virus et des bactéries)
  • Modulation des réponses entérocytaires lors des stimulations antigéniques
  • Promotion du développement neurologique (par les métabolites produits à partir des HMO)
  • Amélioration de l’adaptation intestinale après résection

Le Groupe Francophone d’Hépato Gastroentérologie et Nutrition Pédiatrique va bientôt éditer un état des lieux.

Voici les principales données : les principaux travaux chez le nourrisson avaient pour critère principal de jugement la tolérance des HMO et la bonne croissance des nourrissons qui les consommaient. La tolérance était globalement satisfaisante, avec la présence de selles molles chez certains nourrissons. La croissance était normale.

Un travail réalisé chez des nourrissons sains alimentés par un lait infantile supplémenté en 2’FL pendant 6 semaines permettait d’obtenir un profil plasmatique des cytokines inflammatoires et une composition du microbiote intestinal intermédiaires entre ceux de nourrissons sous formule infantile standard et ceux de nourrissons exclusivement allaités, sans différence significative avec le groupe allaités (Goehring 2016).

Une revue récente de la littérature réalisée par un groupe d’experts (Espghan special interest group on gut Microbiota) a synthétisé les différentes études de supplémentation des HMO dans des formules infantiles chez des nourrissons (Hojsak, 2025). Les experts préconisent d’utiliser un terme spécifique pour les HMO de synthèse « HiMOs » afin de les différencier des HMO naturels. La revue analyse 6 études randomisées et conclut que les formules supplémentées en HiMOs ne changent pas les données de croissance, les symptômes de tolérance digestive (régurgitations, pleurs) ou la fréquence des coliques du nourrisson. Une étude utilisant 5 HiMOs a montré une modification de la consistance des selles (plus molles) et une augmentation du nombre de selles chez les nourrissons supplémentés (2’-FL, 3’-FL, LNT, 3’-SL, 6’-SL).

Enfin, une étude randomisée utilisant 2 HiMOs a permis de montrer un effet protecteur vis-à-vis des infections respiratoires basses (bronchiolites) avec une diminution de 23% dans le groupe traité en comparaison du groupe contrôle (Puccio. 2017). Ce résultat prometteur incite à poursuivre les études en augmentant les quantités et la diversité des HiMOs dans les formules infantiles.

En conclusion : l’amélioration des connaissances des HMO sur l’immunité ouvre des perspectives prometteuses sur la prévention des infections mais également dans le domaine des allergies et des affections auto-immunes. Le microbiote néonatal participe à l’éducation du système immunitaire et pourrait contribuer à une orientation de celui-ci (prévention de l’allergie notamment).

Grade de preuve (EBM) : A

Niveau de recommandation : Fort

Pour le niveau de preuve et gradation des recommandations de bonne pratique, consulter les recommandations de la H.A.S.