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Régurgitations du nourrisson

Type de patient : Nouveau-né

Je vois à 15 jours de vie une petite fille née à 39SA à 2kg620, avec rattrapage du poids de naissance, 2,720kg à J8). Elle est sous lait épaissi.

Les parents décrivent des symptômes de pleurs 2 heures après le biberon, avec crises douloureuses, régurgitations avec odeur de lait caillé, voix cassée… Leur premier enfant, que je n’ai pas suivi et ayant présenté les mêmes symptômes, avait été mis sous inexium de 2 à 9 mois. Il existe une forte pression familiale pour que la petite fille soit sous traitement rapidement, ce qui me semble être totalement inadapté.

La courbe pondérale est correcte, l’examen clinique est sans anomalie, les régurgitations observées ne me paraissent en aucun cas pathologiques : j’ai temporisé en changeant le lait pour du AR.

  1. Que peut-on proposer comme alternative d’allaitement artificiel dans ce cas ?
  2. Éternelle question, que dire à ces parents qui ne peuvent entendre qu’un nourrisson va pleurer et qui collectionnent les signes cliniques : il se jette en arrière, se tord de douleur… Le polysilane a-t-il une efficacité démontrée ?

La réponse CrossDoc

Effectivement c’est une demande fréquente des parents. Vu l’âge et la gêne, une échographie à la recherche d’une sténose du pylore peut être proposée.

Dans un premier temps, des mesures hygiéno-diététiques peuvent être proposées, avec un fractionnement des repas si volumes trop importants, et éventuellement un changement pour un lait pré-épaissi à la caroube ou amidon à forte concentration (les formules AR).

Parmi les antiacides, la dimeticone (Polysilane*) n’a pas démontré d’efficacité dans des essais. En revanche, l’alginate (Gaviscon*) oui. Un essai peut donc être proposé durant 1 à 2 semaines.

La possibilité d’un essai avec un lait sans PLV pendant 2 à 4 semaines peut être envisagée, avant réintroduction pour détecter une éventuelle APLV non Ig E médiée.

En ce qui concerne le traitement par antisécrétoire type IPP, l’important est avant tout d’en diminuer la durée de prescription si aucune amélioration n’est constatée (et pas plusieurs mois comme pour le premier enfant).