Supplémentation en fer
Type de patient : Nourrisson
Je vois beaucoup de nourrissons qui sont carencés en fer (je garde comme objectif de remonter la ferritine à plus de 30ng/ml, est-ce correct ?) .
Malgré les recommandations d’augmenter les apports en lait de croissance, les rations de viande / consommation de boudin noir, il est souvent nécessaire de prescrire une supplémentation médicamenteuse. Or le ferrostrane est souvent mal supporté sur le plan digestif, même fractionné.
Les parents se tournent alors vers des compléments alimentaires, tel Pediakid (sirop ou gummies) ou Physiofer.
Connaissez-vous les équivalences de posologie de ces alternatives, et sont-elles sûres ? Association avec de la vitamine B pour le Pediakid, recommandation uniquement > 3 ans pour le Physiofer…
La réponse CrossDoc
Chez le nourrisson, la carence martiale se définit par une ferritinémie < 12 µg/L en l’absence de syndrome inflammatoire, ou < 100 µg/L en présence d’un syndrome inflammatoire (voir papier en référence). L’objectif est donc de maintenir une ferritinémie > 12 µg/L.
Le Ferrostrane est effectivement la forme galénique la plus adaptée aux nourrissons. Il est le plus souvent bien supporté, sauf dans certains cas, un fractionnement des prises (en 3, voire 4 fois) et une prise pendant les repas peut alors améliorer la situation. Si je comprends bien, vous avez déjà essayé ces techniques, sans succès.
Ni l’ANSM, ni les sociétés savantes ne recommandent l’utilisation de compléments alimentaires (comme Pediakid ou Physiofer), car leur contenu n’a pas été vérifiée par l’ANSM, contrairement aux médicaments (c’est d’ailleurs peut-être pour cela qu’ils semblent mieux tolérés). En d’autres termes, on ne connait ni la concentration exacte, ni la biodisponibilité du fer de ces compléments, ou tout du moins, elles n’ont pas été vérifiées.
Dans votre situation, la seule alternative pour les nourrissons tolérant mal le Ferrostrane, malgré les techniques précédemment mentionnées, serait de prévoir une perfusion de fer en hôpital de jour. Mais à cet âge, les laits infantiles et les produits carnés sont également une alternative mieux tolérée que les médicaments.
Enfin, devant toute anémie réfractaire, il convient d’éliminer une maladie cœliaque.

Grade de preuve (EBM) : A
Niveau de recommandation : Fort