Anti-diarrhéique en cas d’iléostomie
Type de patient : Nourrisson
Je voudrais savoir ce que vous utilisez comme ralentisseur de transit pour un enfant en iléostomie, étant donné que le Loperamide n’est plus commercialisé sous forme de sirop.
J’ai entendu qu’on pouvait utiliser le Smecta mais vu son mécanisme d’action je ne comprends pas bien comment cela peut fonctionner ?
A la limite le Tiorfan aurait un mécanisme d’action qui me semble plus compatible. Par ailleurs, le Smecta est théoriquement contre indiqué avant 2 ans désormais à cause du plomb qu’il est susceptible de contenir.
La réponse CrossDoc
La littérature médicale est particulièrement pauvre à ce sujet puisqu’il n’y a aucune étude pharmacologique pédiatrique évaluant les ralentisseurs du transit chez des patients porteurs d’iléostomie.
Une revue récente a tout de même essayé de formuler des recommandations en se basant sur des données issues d’adultes ou d’autres pathologies présentant une insuffisance intestinale (Nightingale 2022 et Awouters 2025).
Les principaux traitements suggérés sont les inhibiteurs de la pompe à protons et le lopéramide. L’octréotide sous-cutané peut être administré si les complications persistent. Il n’existe pas ou peu de données probantes concernant la smectite (Smecta), le racécadotril (Tiorfan), les probiotiques, les antibiotiques ou la clonidine (Catapressan). Par ailleurs, les chélateurs des acides biliaires (Questran) ne sont pas indiqués chez les patients sans continuité colique.
En pratique, en cas de débits élevés d’iléostomie, il faut éliminer les causes organiques telles que les infections, la pullulation bactérienne intestinale (SIBO), les causes endocriniennes, l’utilisation de médicaments prokinétiques, les fistules entéro-entériques et la malabsorption des glucides (breath test).
Sur le plan thérapeutique, les IPP à fortes doses (équivalent 80 mg/j chez l’adulte) peuvent être proposés. Le lopéramide peut quant à lui être utilisé à la dose de 0.1 mg/kg/j (max 2mg/j) en 3 prises, mais en effet l’absence de forme buvable limite son utilisation chez le petit nourrisson. Une alternative peut être d’utiliser l’octréotide SC à la dose de 6–6.5 μg/kg/ en 2 injections par jour (Lamireau 1990).
Grade de preuve (EBM) : B
Niveau de recommandation : Intermédiaire
Références :
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35300464/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39840674/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/2239290/
Pour le niveau de preuve et gradation des recommandations de bonne pratique Consulter les
recommandations de la H.A.S.